A PROPOS | Histoire

Histoire

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Messti
Messti à Sessenheim en 1899 Assis à gauche en bout de table : Henri Loux

- 1648 - 1870
- 1870 - 1918
- 1918 à nos jours

Les premiers habitants

Il est fort probable, même certain, que des tribus avaient choisi de s’établir aux environs de Sessenheim entre l’an 2000 et 900 avant notre ère, car c’est de cette époque que date le tumulus situé à l’Est du village, au lieu dit "Ebersberg" appelé par Goethe "Frederikenruhe". Ce tumulus a été élevé au-dessus de sépultures anciennes. Une cruche à vin en bronze, appelée "Oenochoe" y a été trouvée, ainsi qu’une bague, un bracelet et quelques ossements. Ces objets datent des années 1000 à 400 avant Jésus-Christ.

En 737 le nom du village apparaît pour la première fois dans un document de l’abbaye de Murbach (Haut-Rhin), qui possédait des biens à Sessenheim .

Nous savons qu’en 1341, les seigneurs de Lichtenberg possèdent certains droits à Sessenheim, droits qu’ils tiennent à titre de fief impérial des comtes d’Oetingen, landgraves d’Alsace. Mais le 26 janvier 1359, les comtes d’Oetingen cèdent ce fief impérial avec dix autres villages de l’Uffried aux Fleckenstein.

La guerre des paysans, en 1525, amène des troubles dans l’Uffried et n’épargne pas le village.

Les Fleckenstein, favorables à la Réforme luthérienne, notamment Henri VIII de Fleckenstein introduisent la nouvelle religion dans les trente villages de leur baronnie dont fait partie Sessenheim.

TurennePendant la guerre de Trente ans (1618-1648), le village est fortement éprouvé. Il est pris et repris par les différentes parties belligérantes. En 1629, des troupes impériales y sont cantonnées. Pendant la grande épidémie de 1633, le pasteur enterre 142 paroissiens. Son presbytère est saccagé et il se voit contraint de se réfugier à Dahlunden où il restera plus de quatre ans. En 1635, des combats ont lieu à Sessenheim et environs. L’année suivante, les habitants quittent de plus en plus leur village pour se réfugier outre-Rhin.
Onze familles seulement restent au village. Celles-ci doivent faire face à l’hiver extrêmement rigoureux de 1636/1637. A la fin des hostilités, Sessenheim est dépeuplé. Ce n’est qu’en 1659 que les premiers colons, des Suisses, s’établissent au village. Quelques années plus tard (1673/1677), le village et la campagne environnante sont à nouveau occupés par les troupes de Turenne qui pillent, incendient et saccagent le pays.

Turenne 1611-1675

Une nouvelle fois, les habitants de Sessenheim se réfugient sur les îles du Rhin près de Stattmatten et Dahlunden. Une grande disette affame la population.

Premier rattachement à la France de 1648 à 1870

La construction du "Canal Vauban", dont nous apercevons encore quelques vestiges derrière le cimetière, commence en 1685.

Aux environs de l’année 1688, le "Simultaneum" est introduit dans l’église protestante de Sessenheim. Les cultes protestant et catholique seront célébrés dans le même édifice jusqu’en 1911.

La guerre de succession d’Espagne fait rage aux environs de Sessenheim en 1705 et 1706. Quelques années après cette épreuve, en 1712, la peste décime la population.

C’est en 1719 que le célèbre facteur d’orgues, André Silbermann, construit un petit orgue que la paroisse protestante peut acquérir pendant la Révolution. Cet orgue reste en service jusqu’en 1907. Aujourd’hui, il fait partie des réserves des musées de Strasbourg.

En 1721, une cure royale est créee à Sessenheim. En 1744, Sessenheim est victime des troubles et des pillages causés par des hordes indisciplinées, les Pandours, venues de l’est.

Le 29 novembre 1751 est née à Rechtenbach, dans le Palatinat, Marie Salomé Schweppenhaüser. Son père fut pasteur de la paroisse protestante de Sessenheim de 1757 à 1760. Marie salomé est une ascendante du Prince Charles, futur roi d’Angleterre.

Au mois d’avril 1752, naît à Niederroedern, Frédérique Elisabeth Brion. Son père, J. Jacques Brion, vient remplacer à Sessenheim le pasteur H.G. Schweppenhaüser, mort le 16 août 1760.

En 1790, Sessenheim est rattaché au canton de Fort-Louis. Cette même année, les citoyens du village se rassemblent dans l’église pour prêter serment à la Constitution.

Le rattachement de Sessenheim au canton de Fort-Louis ne dure pas, car, déjà en 1802, la commune est définitivement intégrée au canton de Bischwiller. L’ancien presbytère, qui se trouvait déjà dans un état vétuste lors des visites de Goethe, dut enfin céder la place à une nouvelle construction en 1835.

Le village redevient allemand de 1870 à 1918

PomdepoPendant cette période, une autre célébrité, Henri Loux, artiste peintre, nait à Auenheim en 1875 et passe sa jeunesse à Sessenheim. Il est le créateur du magnifique décor qui orne le service de table dit "Obernai". Le 25 juillet de cette année, Sessenheim vit un grand événement, avec l’inauguration de la ligne de chemin de fer Strasbourg-Lauterbourg.

Sapeurs-pompiers en 1899

Une fois les fouilles terminées, la "Friederikenruhe" est inaugurée, le 18 juillet 1880, sur le tumulus à l’Est du village.

La paroisse catholique, dont le nombre de fidèles augmente, se voit dotée d’un presbytère en 1886. Quelques années plus tard, en 1893, la commune fait construire une école catholique à l’emplacement où se trouve actuellement le monument aux morts. Les bureaux de la mairie sont installés dans le même immeuble.

Henri Loux, l’artiste-peintre, meurt le 19 janvier à Strasbourg 1907, 6 ans après son père, le directeur d’école de Sessenheim.

Après un premier projet, datant de 1898, la commune acquiert, en 1903, les bâtiments et le terrain d’une manufacture de cigares désaffectée. Un avant-projet, pour la construction d’une église catholique est élaboré en 1905. Mais ce n’est que le 25 juillet 1911 que les autorités civiles donnent le permis de construire pour deux églises. Une église catholique sera donc construite sur l’ancien emplacement de la manufacture de cigares et inaugurée le 20 octobre1912. L’ancienne église protestante sera agrandie et inaugurée le 25 décembre de la même année.

Le village au XXe siècle

PlaceAu début de la dernière guerre mondiale, les habitants du village sont obligés de quitter leur foyer. La commune est évacuée dans la Haute-Vienne, à Bujaleuf. La population y séjourne pendant un an. Après la campagne de France, les derniers évacués regagnent Sessenheim le 10 octobre 1940.Vers la fin des hostilités, la commune est durement éprouvée. Des combats féroces ont lieu dans les rues du village et aux alentours. Beaucoup de maisons sont détruites ou endommagées.

La flèche de l’église catholique est détruite. L’école et les bureaux de la mairie sont la proie des flammes. A la fin de la guerre, la commune pleure 26 jeunes gens tués sur les différents fronts et 11 victimes civiles. Le monuments aux morts, situé au centre de Sessenheim, sur la Place de la Mairie, témoigne de cette dure épreuve traversée par le village.Mais Sessenheim renaît ! Dès 1954, les classe des écoles et la mairie peuvent emménager dans le nouveau groupe scolaire édifié à l’emplacement de l’ancienne école protestante. Les maisons sinistrées sont reconstruites, de nouveaux quartiers apparaissent. Les plaies causées par la guerre se cicatrisent.

En 1960, l’ancien Corps de Garde datant du temps napoléonien est aménagé en "Mémorial Goethe", ceci à l’initiative de la municipalité et des "Amis du Mémorial" sous la conduite du Professeur Albert Fuchs. La chronique de Sessenheim de M. Guggenbühl est publiée en 1961. Elle relate dans le détail l’histoire du village.

Bien des réalisations ont été entreprises depuis : réfection des deux églises et du cimetière, construction d’une station d’épuration, d’un dépôt d’incendie et d’un atelier municipal, d’une salle de motricité et d’une bibliothèque scolaire.
L’aménagement de la maison communale et de la place de la mairie ont largement contribué à la vie et à l’embellissement du village.